J’arrête de rêver. Je vis ?

Arrête de rêver ! Vis ! Le dilemme du Je et du Jeu.

J’ai fait une rechute ! J’ai un ego de conquérante, un désir de pouvoir digne d’une Reine, femme d’Empereur (qui en fait régnerait à ses coté, voire à sa place, hé hé!!). J’aime idéaliser, rêver ma vie et la je me retrouve à devoir arrêter de rêver, de rêvasser pour juste vivre.

Le “ic” c’est que toute ma vie, j’ai œuvré pour sortir du “rêve du Monde”, de cette rêvasserie paresseuse. Depuis petite enfant j’ai oeuvré pour être libre. Pour sortir de ce qu’on peut appeler le conditionnement, ou d’un rêve qui n’est tout simplement pas le mien. J’ai choisi d’être libre et autant dire, que ce choix ne fait pas bon ménage avec une quête de pouvoir personnel. Surtout que dans tous les cas, sans exception le Pouvoir fini par se retourner contre celui qui en a usé dixit Jules César, Cléopâtre, Michael Jackson, et oui pas moins ;). Mon choix de cœur en contradiction avec mon égo… du coup, ça n’a jamais “marché” comme je le voulais… [no_toc]

La rechute

Il y a 3 jours, je me suis fait une crise de lucidité (ce n’est pas la première); mais la crise revient sous des formes différentes tant qu’il reste des traces de cette quête illusoire: être reconnue, aimée par le plus grand nombre. Admirée… C’est dire à quel point je ne me voyais/vois pas assez “admirable” moi-même.

Ah oui, un détail important, je suis artiste, musicienne, performeuse. Voilà, voilà… :).

Du coup, je me suis mise à pleurer face au rêve mort qui gisait devant moi. Et puis le vide… Que vais-je faire de ma vie ? Aller vendre des fromages de chèvres dans la Drôme ? Mais vraiment, je n’ai jamais rien envisagé d’autre, moi! Enfin, si, j’ai eu des idées, des mini tentatives. Mais je me suis accrochée au rêve de Gloire et toute ma vie je l’ai passé à courir derrières des ombres qui m’échappaient. J’ai tout pour “réussir” mais rien ne vient, tout me fui…

Et si j’arrêtais ? Décision d’un être sensible, n’est-ce pas ?

“Ah il était temps!!! :)”.  J’ai décidé de m’arrêter. Mais pas de faire de la musique, non. Je le sais, je n’ai que ça.

Je ne pourrai pas m’arrêter, en tout cas pour l’instant. Par contre arrêter de me rendre malade me parait plutôt pas mal; arrêter d’espérer un jour de remplir des salles démesurément grande à la mesure du besoin de reconnaissance et de grandeur après lequel j’ai couru toute ma vie. Je courrai pour fuir un passé de causette et après un espoir de Gloire absolu.

Autant dire que j’étais prise en sandwich. Moi dans le rôle du bout de tomate, le passé dans le rôle du bout de pain moisi, rassi, et le futur, une belle et jolie tranche de pain doré… huuuuuuuummmmm!!!!!

Bon signe !

Je ris, j’en ris déjà! Hier je me suis tapée une grosse crise (mais de rire cette fois). La Delia libre a ri de sa  propre (ou sale) folie. Mais attention! Je ne me prétends pas être sortie d’affaire, oh que non, ces choses là, ça colle aux dents longues! Par contre, je ne suis plus au même endroit et je saurai, je pense m’en prémunir.

Inchalah’ ! Alors avis aux flatteurs, aux revendeurs de rêves absolus, aux tentateurs de l’extrême… J’ai posé les armes face à l’Esprit qui m’a gentiment rappelé que je ne contrôlais rien. Et encore, il est sympa parce qu’il me mets des petites claques derrière la nuque, pas des gros tsunamis dans ma vie donc MERCI MERCI MERCI  !

Et pour être honnête, je peux être tellement sauvage, directe et cassante que je risquerai de taper des crises d’un tout autre type dans le “milieu” tel que nous le connaissons.

Et l’autre versant…

Je sens s’ amenuiser en moi un égo, qui de dragon démoniaque, devient petit dragon, qui crachote des flammounettes. Mais attention gros dragon peut ressortir parfois, pour Me servir (pas pour me rendre esclave de mes propres illusions). C’est la Carte Dragon !

En moi, un autre versant: un océan de calme, et des envies de vie simple, près d’une forêt, près des montagnes. Alors, peut-être qu’un pont va se dessiner entre ces deux mondes. Mais ce qui me parait évident, c’est que je laisse derrière moi, des costumes qui ne me vont plus, des masques que je ne porterai que pour m’amuser (j’adoooooore me déguiser :)) et non plus parce que je me prends pour ces masques.  J’ai déjà commencé à le faire. C’est juste que je tangue encore un peu parfois :). (et oui, ça c’est les talons drag queen!).

En vue, des concerts… pffff. Du coup, comment les envisager sans toute cette fioriture ? Quoi, faire de la musique juste pour faire de la musique ? M’exprimer, partager ce que j’aime?

Parce que de toute évidence, c’est mort! Je ne serai jamais Diva Délia Internationale. Bon, ok, ben… du coup je peux commencer à me détendre, sortir du carcan de la Perfection. Ouais… :).

Pour, être honnête, je me sens en vacances de moi-même, ça fait du bien. Je me suis soulée! Quel teigne, je vous jure!! Donc l’égo oui, mais surtout, ne pas le laisser conduire le véhicule, parce qu’on est mal barré !!!

Miss Wild xx

 

delia delphin

Singer, songwriter, composer, wild dancer.
‘Benis soient les parents qui donnent a leurs enfants des racines et des ailes’. Proverbe Soufi.

4 pensées sur “J’arrête de rêver. Je vis ?

  • 5 octobre 2016 à 11 h 37 min
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    Faire ce dont a BESOIN, en se faisant PLAISIR. Ne pas faire ce que l’on VEUT, en se faisant MAL 😉 J’y réfléchis aussi pas mal à ça !

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  • 5 octobre 2016 à 20 h 10 min
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    Eh oui, j’ai l’impression que c’est dans l’air en ce moment de faire ce qu’il y a à faire et d’y prendre du plaisir !!! Que ça se déroule selon nos plans ou totalement différemment, autant suivre ce qui se présente et l’accueillir avec plaisir au lieu de ramer à contre courant et de se prendre des grosses vagues dans la tronche !
    Et j’ajouterais juste que ce besoin d’être reconnu(e), on peut vraiment se l’offrir plein de fois au cours d’une journée, dans des petites choses toutes simples. Au lieu d’aller demander aux autres de reconnaitre notre magnificence, autant la reconnaitre nous-même quand on a réussi à s’éclater en chantant, en dansant, en peignant, en cuisinant, en faisant la vaisselle, en passant le balai !!! Quel bonheur de s’amuser en faisant et quel bonheur une fois l’action terminée de la regarder et d’être content de soi ! Je crois que mon plus grand kif c’est de voir ma cuisine toute propre après avoir terminé ma vaisselle, le sentiment de bonheur que ça me procure se renouvelle à chaque fois et pourtant….ce n’est pas un exploit, tout le monde fait sa vaisselle 🙂
    Merci Wild Délia pour tout ce que tu partages, c’est vraiment excellent !!!!!

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  • 5 octobre 2016 à 21 h 05 min
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    Merci Délia!
    Ton message et en lien avec ce que j’observe sur moi: il y aurait une vie rêvée quelque part à atteindre où il fait super beau et c’est la teuf et on fout pas grand chose! On a juste un immense talent qui s’est déployé à travers nous et on nous chouchoute pour ça sur des beaux transats en sirotant des pina colada!! Et puis il y a la vie normale, morne et triste où on peine depuis la naissance parce qu’on a pas la chance d’être né avec le génie ou à la rigueur l’immense talent! Le premier tableau, c’est les vacances à perpette. Le second tableau, c’est l’enfer immérité. Autre focus: en fait les vacances n’existent nulle part, le bonheur c’est de chercher à guérir en nous ce qui nous bloque et pendant tout le temps où je rêvasse, et c’est surtout là où je veux en venir, je ne vois pas le merveilleux dans lequel je baigne tout le temps, l’univers étant un allié protecteur, une ouverture permanente à la détente et à la simplicité….

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  • 9 octobre 2016 à 12 h 50 min
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    Je vais juste faire deux citations :
    “Tu crois respirer de l’air ?” Morpheus – Matrix volume 1
    “Comment peut on se sentir aussi important quand on sait que la mort nous traque ?” – Don Juan Matus
    Bon la seconde est moins marrante et un peu plus cassante, il est mexicain, c’est pas le même rapport à la vie.
    Suivre le chemin, suivre le chemin ! et ça coute que coute. Notre ego se comporte comme un enfant gaté ou un banquier il (je) fait, agit pour récuperer quelque chose en retour. Bien sur ce quelque chose n’est jamais à la hauteur de l’investissement qu’on croit avoir amené. C’est un peu comme les actionnaires d’une boite qui en achetant pour 100€ d’actions veulent un retour à 150% sur 3 ans sans fournir d’effort, sans prendre de risques et pendant que d’autres marnent dans l’entreprise. Le hic c’est que les compressions de personnel pour arriver au 150% ce font sur Soi, sur l’Amour aux coeur de chacun de nous. C’est cette partie là qu’on réduit, qu’on etouffe et tout ça pour obtenir quoi de l’amour ? de la reconnaissance de soi ? y aurais pas une forme d’imbecilité la dedans ?
    Bon on a jamais dit que Je etait intelligent certes … mais peut être en lui expliquant montrant l inconguité de la blague il accepterait d aller dans le sens de Soi et pas dans la peur de Je
    deux mots: SIMPLICITE ! RESPECT !

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